• Najlae

       

    Sarko, il y a des choses à ne pas faire !!


    Triple peine pour Najlae, 19 ans, battue et expulsée

     

    Il y a des informations qui sont douloureuses à lire et à entendre. Mais ces mêmes informations ne peuvent être passées sous silence. Et, alors que les partis politiques se livrent à une petite guerre des phrases nauséabondes, se déchaînent dans une course à l'échalote débridée, on aurait tendance, spectateurs de cette déchéance inouïe, à oublier que de véritables drames humains se déroulent actuellement en France, sous nos yeux, à côté de chez nous.

    L'expulsion fait partie de ces drames. Expulsions du monde du travail, que notre société hypocrite masque sous le concept de chômage. Expulsions du domicile qui livre les familles, les individus, à la brutalité de la rue. Expulsions aveugles, inique et nauséabondes des "sans-papiers". Qu'elles soient justifiées par la course aux dividendes, par le non payement de loyer, l'absence de papier d'identité français, l'expulsion est une violence, une barbarie.

    Violence et barbarie que vient de subir Najlae, une jeune fille marocaine de 19 ans, qui de victime est brusquement devenue coupable aux yeux de la loi française ( votée par le Parlement) et de ses représentants.

    Une première fois, Najlae a été, à 14 ans, victime d'un père qui voulait la forcer a accepter le mariage qu'il avait arrangé. Elle avait alors fuit le Maroc, son pays, pour se réfugier en France, chez son frère qui y était installé.

    Hélas pour elle, ce frère, qui est décrit par une amie de Najlaé comme étant "Violent par habitude" n'a pas supporté que sa sœur s'émancipe. Et parce qu'il a trouvé "un mégot de cigarette dans sa chambre", il s'est emparé "d'un manche d’aspirateur et d'un fer à lisser pour la frapper". Il a du frapper longtemps et fort car Najlae a bénéficié de 8 jours d’incapacité de travail .

    Najlae aurait pu, une fois de plus, laisser les choses telles quelles et ne pas se décider à aller porter plainte contre son tortionnaire récidiviste. Mais non, elle a courageusement choisi, 2 jours après les violences subies, de se rendre à la gendarmerie de Château-Renard, dans le Loiret, pour déposer une plainte contre son frère.

    Elle espérait probablement être enfin protégée.

    Mal lui en a pris. Un gendarme qui contrôle son identité, prévient la préfecture de son statut d’irrégulière et la place immédiatement en garde-à-vue.

    Voilà, c'est ainsi que , par la conjonction de la brutalité d'un frère et du zèle d'un gendarme et d'un préfet, cette jeune femme s'est retrouvée sous le coup d'une mesure d'expulsion et a été reconduite samedi au Maroc, pays où elle sera jugée comme "coupable d'avoir fui son pays".

    Voilà comment en France, dans la réalité, de nos jours, une femme victime de violences se retrouve punie. Et, dans le Loiret, ce qui s'est passé avec Najlae n'est pas un cas unique. En quelques mois, quatre femmes battues ont été menacées d'expulsion ou expulsées.

    C'est une honte, c'est une abomination, et pour que, 2 jours avant la journée internationale du Droit des femmes, nous puissions le dire clairement, une manifestation de soutien aura lieu le 6 mars à Château-Renard.

    Peut-être que toutes celles et ceux que cette "triple peine" indigne , quel que soit leur appartenance politique , pourraient manifester le 6 mars, par solidarité avec cette jeune fille, mais aussi pour qu'enfin, dans notre pays toutes les femmes, soient non seulement protégées, y compris de l'État français, qui en matière de violence, n'a rien à envier aux compagnons de ces femmes.

    Peut-être est-il temps pour les députés, qui vont examiner le 25 février prochain la proposition de loi sur la violence faite aux femmes, de prendre clairement position et de ne plus se voiler la face sur les conséquences que leurs votes ont sur la vie quotidienne d'êtres humains.

    Peut-être est-il temps de répondre au souhait de Marie-Noëlle Vitry, militante à la Cimade pour le Centre-Ouest, qui appelle "les citoyens à saisir leurs parlementaires pour que des dispositions spécifiques conduisent à mieux protéger toutes les femmes de ces violences conjugales, y compris les femmes d’origines étrangères qui aujourd’hui subissent une double peine."

    Peut-être est-il temps que Nicolas Sarkozy se souvienne de sa promesse, faite lors du discours à la Maison de la Mutualité à Paris, le 6 avril 2007 "Chaque fois qu’une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés." Nul n'aurait imaginé ce jour là que c'était pour les expulser !

    Quant à la secrétaire d'État à la famille, Nadine Morano, qui déclarait, mardi dernier, que l'État devait être intraitable envers ceux qui font violence aux femmes, j'aimerais savoir si elle incluait l'État français et plus particulièrement ses préfets.

     

    Le Post (Chez Louise)


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